Espace Ecart | Théâtre - Performance | Théâtre d'or, politique, poétique
15064
page-template,page-template-full_width,page-template-full_width-php,page,page-id-15064,page-child,parent-pageid-15018,cookies-not-set,woocommerce-no-js,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,side_area_uncovered_from_content,columns-4,qode-theme-ver-16.9,qode-theme-bridge,qode_header_in_grid,wpb-js-composer js-comp-ver-5.5.5,vc_responsive

Théâtre – Performance

Le Théâtre d’Or

L’héritage d’Alain Astruc : une recherche sur la présence et le travail collectif. Le Théâtre d’Or a été créé en 1989 par Alain Astruc, homme de théâtre, auteur, acteur, professeur à l’Université Paris 8. Décédé en février 2001, il laisse une œuvre importante : des comédies qui traitent de sujets d‘actualité où le pouvoir est renversé par la parole avec distance et légèreté.

Cécile Duval, Marie Lopes et Bruno Jouhet, aujourd’hui à la tête de la compagnie, poursuivent et développent le travail initié par Alain Astruc. Alain Astruc se sentait proche d’Antonin Artaud dans sa quête d’un théâtre qui n’est plus représentation. À Paris 8, université expérimentale issue de mai 68, il développe sa recherche sur la présence et le travail collectif et forme des centaines d’étudiants. C’est là que Cécile Duval et Marie Lopes le rencontrent. Elles travaillent avec lui et jouent ses pièces jusqu’à son décès en 2001. Elles se reconnaissent dans ce qu’il leur transmet et dans cette vision du théâtre où le public “est la véritable partie agissante” et où l’acteur est relié à tout ce qui l’entoure dans un processus vivant et sans cesse en mouvement.

Un théâtre de présence inscrit dans l’histoire

L'improvisation, voilà ce qui vous mettrait en rapport avec le monde sur le plateau, car improviser c'est faire ce qui n'a encore jamais été fait, ce que l'on ne fera peut être jamais. C'est défaire ce qui se fait sous vos yeux. C'est ce qui ne peut pas se répéter.

Extrait de l’ouvrage « Le regard et la voie/x » Alain Astruc

L’humanité est arrivée à un moment de bascule, on ne peut plus se cacher que l’homme va détruire à plus ou moins long terme son environnement, un équilibre dans la nature qui est indispensable à sa survie. Il y a une nécessité de trouver un autre rapport de l’homme au monde et à lui-même. Le théâtre peut être ce lieu où les rapports changent, où l’homme peut enfin se lâcher pour être dans la présence, donner de l’énergie en ne retenant rien pour soi. Retrouver le sentiment d’une appartenance collective, d’un univers où tout est relié.

La rencontre avec d’autres arts

Dans son travail, le Théâtre d’Or rencontre d’autres disciplines : la danse, la musique improvisée, les arts plastiques ou encore la poésie contemporaine, avec lesquels il explore des espaces infinis, hors des cadres : ce qui donne lieu à des créations hybrides qui s’éloignent du spectacle.

Un théâtre de la présence, poétique et politique

Le Théâtre d’Or propose un théâtre de présence où l’écriture du texte fait apparaître des formes qui échappent et qui se créent sur scène en rapport avec le public. Un théâtre toujours en devenir, qui ne se fixe jamais. Le choix des textes se fait toujours en rapport avec l’histoire, l’actualité. Nous pouvons parler ici d’un théâtre politique, poétique.

Le Théâtre d’Or investit l’écart _

La compagnie cherchait un lieu où développer ses activités. La voilà en Creuse depuis 2017. Un théâtre a été aménagé dans une grange, un festival organisé, une programmation d’été, des stages. Le public était nombreux, venu de l’environnement local et de différentes régions. Il y avait des fidèles qui suivent le travail du Théâtre d’Or depuis longtemps et des spectateur.trice.s qui le découvraient.

Dans les environs de Boussac-Bourg il n’y a pratiquement pas de troupes professionnelles et, à travers le Théâtre d’Or, le public creusois a pu découvrir des textes de Fernando Pessoa, Antonin Artaud, Alain Astruc, Clément Maraud, Patrice Cazelles, Bruno Jouhet, Charles Pennequin, Henri Michaux, Christine Schaller, Lautréamont et d’autres dans un rapport ouvert et ludique.

« Astruc écrivain trace son phrasé avec son souffle, en jouant avec la matière verbale et en s’aventurant sans autre point d’appui dans l’espace vers l’Autre ». Robert Abirached

Robert Abirached « Or, hors, oreille Alain Astruc : entretiens sur le théâtre”, Collection Théâtres du Monde, éditions Presses Universitaires de Vincennes, Paris, 2010

C o m p a g n i e
Femmes En Scène

Pendant ses vingt années de pratique en tant qu’actrice, assistante de direction, chercheuse, ouvrière du théâtre au Groupe de Théâtre Expérimental Capixaba (GETEC), Rosi Andrade a créé des spectacles et a fondé les recherches de sa compagnie sur un questionnement centrée sur la dictature au Brésil, la colonisation, l’esclavage et les violences envers les femmes.

Cette dernière problématique a guidé son choix de poursuivre sa recherche à travers le Théâtre/danse engagé qui développe ses créations dans un temps non déterminé en faisant collaborer les l’acteur.trice.s, l’équipe, les technicien.nes et le public. Cette démarche s’inscrit dans une pensée philosophique, politique et/ou sociale, pendant une période illimitée. Le spectacle n’est pas un but, mais le résultat d’un processus.

Le corps et la présence dans l’espace

Le processus de création passe d’abord par le corps et sa présence dans l’espace.

Il questionne l’essence des individus dans les sociétés. Le projet de la compagnie se situe davantage dans la réflexion sur l’essence de l’individu en soi, car il n’est plus présent à lui-même, mais plutôt à travers le regard de l’autre. Rentrer en soi devient la chose plus difficile à faire, car on ne retrouve plus l’essence individuelle qui s’est perdue… Alors, comment la retrouver? Où la chercher?

FemmesEnScène trouve dans le Théâtre engagé une nouvelle source pour poursuivre ses recherches et s’inscrit dans un mouvement dynamique de révolte et d’engagement par le Théâtre. Les créations théâtrales sont jouées avec les femmes des communautés dans des lieux non conventionnels, les universités, les associations, etc. Le Théâtre Engagé est un véhicule de liaison entre les artistes, étudiants et citoyen.e.s, une manifestation et une catharsis où se révèlent les problèmes des sociétés.

Les pratiques performatives de la compagnie posent également des questions sociopolitiques concernant notamment les violences envers le corps des femmes.

Les créations sont élaborées à partir d’un sujet : le corps et l’espace. En tant que performeuse, Rosi Andrade n’interprète pas des personnages – d’où un point de rencontre fécond avec le Théâtre d’Or – elle montre la double condition fiction/réalité, personnage/personne. Le spectacle n’est pas encore le résultat accompli de ce processus, mais une conséquence de sa recherche.

Performances de Rosi Andrade en collaboration avec Muriel Bonnet del Valle

Ces deux femmes au parcours international, Rosi Andrade (Brésilienne) et Muriel Bonnet del Valle (Franco-mexicaine), explorent dans leurs performances, à travers le corps, le verbe et le mouvement, les mystères du monde visible et invisible qui tissent des liens entre nous au-delà des frontières.